
(images Internet : à gauche, poezibao; à droite, livres.fnac)La chair du poème est un livre de Colette Nys-Mazure, publié en 2004 chez Albin Michel.
L'auteur(e) a une haute idée de la poésie qu'elle ancre résolument dans la réalité de tous les jours. Pour elle, chaque évènement, chaque instant de vie trouve un écho dans un poème, et réciproquement. (Le livre est d'ailleurs sous-titré : " Petite initiation à la vie poétique".)
Au passage, elle picore, elle butine, la bonne abeille de Belgique, tissant ainsi une sorte d'anthologie idéale qui traverse allègrement le temps et l'espace. Son compagnonnage poétique est riche et exemplaire car il n'exclut personne et prend en compte aussi bien les balades de Villon que les haïkus des maîtres japonais, les envolées de Paul Eluard comme la concision d'un Guillevic, la subtile prose de Saint-John Perse comme les pirouettes d'un Norge...
Voilà un mot que mon père, originaire du Cotentin, emploie quelquefois et dont j'ai trouvé la confirmation de l'existence dans le dictionnaire du patois normand. La carpelouse, c'est la chenille... Philologie à la petite semaine et sans véritable vérification : mot à rapprocher de l'anglais caterpillar ?...
Une citation pour briller en société (!) : "Double ration de carpelouses pour les braves soldats qui me feront du saucisson d'Anglais !..." (Guillaume le Conquérant, brouillon retrouvé de la Tapisserie de Bayeux.)


(images Internet : en haut à gauche, menuiserie-lechenerouvre; en bas à
gauche, cprf-poitou-charentes; en bas, à droite, arehn-asso)
Cela peut paraître compliqué, mais en fait c'est (relativement) simple : le chêne qu'on rencontre le plus souvent par ici, c'est le quercus robur, chêne pédonculé.
(cf. article "Robert Robur, chêne commun). Son "cousin", c'est le chêne sessile, ou chêne rouvre. Alors que le premier porte des glands rattachés à la branche par une petite "queue" (le fameux
pédoncule), le second, qui nous occupe aujourd'hui, est directement inséré sur le rameau. Sessilis vient du verbe latin sedere qui signifie "être assis".
Les scientifiques, qui décidément aiment bien le latin, l'appellent Quercus sessiliflora ou encore Quercus petraea. En français, ce sera chêne
rouvre ou chêne sessile. Il est très apprécié des forestiers car il pousse bien droit et produit un bois d'excellente qualité. On peut en voir de très beaux spécimens, entre autres, dans les
forêts de Bercé (Sarthe), de Bellême (Orne) ou encore de Tronçais (Allier). Merci au passage à Colbert (!)
A noter que dans notre bocage ornais, l'appellation "rouvre" est très fréquente : une petite rivière s'appelle même "la Rouvre" et un village, "Rouvrou".

(images Internet : en haut à gauche, lemondereel: en bas, aupaysdeschtis)
Est-ce que la cigale vaut bien
un fromage, sans doute ?
Voilà une photo pour le moins étrange, prise par Dan Bouchery, quelque part dans le Calvados...
Quelques questions effleurent l'esprit (qu'il n'est pas inutile de se poser) :
Pourquoi cette route est-elle "inutile" ?
Pourquoi a-t-elle cette réputation ?
Pourquoi "Dite" est-il écrit avec une majuscule ?
On attend vos réponses...
(Photo : Yves B.) Haïku n° 26 :
Allée du jardin
L'eucalyptus au passage
Caresse ma barbe
Mahmoud Darwich, poète palestinien, vient de mourir dans un hôpital de Houston, aux Etats-Unis, des suites d'une opération à coeur ouvert...
Voici un poème de Darwich extrait d'Etat de siège (Actes Sud) :
Si tu n'es pluie, mon amour
Sois
arbre rassasié de fertilité,
Sois
arbre.
Si
tu n'es arbre, mon amour
Sois
pierre saturée d'humidité,
Sois
pierre.
Si tu n'es pierre, mon amour
Sois lune dans le songe de l'aimée,
Sois lune.
(Ainsi parla une femme à son fils lors de son enterrement)

(images Internet : cf. site consacré à Mahmoud Darwich, chez alice )
